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RDC : des députés qui dépitent le peuple (Édito)

RDC : des députés qui dépitent le peuple (Édito)

Les députés congolais ont de nouveau courbé les échines devant le mot d’ordre du chef, du dieu qui les empiffre d’argent et de vin pour en acheter silence et naïveté. Voilà un terrible affront à la démocratie dont pourtant, ces soi-disants élus du peuple sont censés ventiler et transpirer les valeurs. Le Seigneur a dit, les serfs se sont exécutés, la motion n’existe plus. Et le peuple dans tout ça ?

La législature de la honte, chouinent déjà plusieurs congolais révoltés, qui trouvent en ces élus, ceux de la mandature actuelle, la pire race du législateur congolais. Mais comment exiger à des élus qui ont troqué valeurs et morales d’agir au nom du peuple ? Déjà que le maître-mot serait, paraît-il : le peuple d’abord !

Non, le peuple après !

Il est vertement insolent de se targuer du slogan « Peuple d’abord » tant que les reponses aux aspirations, et même aux questions du peuple ne sont prioritaires que dans les discours. Du rôle de contrôler, parlons-en. Puisque, semble-t-il : c’est le deuxième rôle d’un député national. 

L’affligeant constat est que : le parlement, principalement l’assemblée nationale s’est spectaculairement perverti en une simple boîte de validation du gouvernement. Dailleurs, ce penchant anti-démocratique est devenu tellement systématique que, même pour des décisions impliquant les questions de souveraineté du pays, la deuxième institution du pays n’est informée qu’à posteriori. En des termes moins offensants, aux yeux du Gouvernement congolais, la coquille vide qui nous sert de parlement compte pour du beurre.

De l »adhésion de la RDC à l’EAC à la sulfureuse affaire des migrants dont personne ne connaît vraiment tenants et aboutissants, en passant par le fameux partenariat panoramique avec les États-Unis, à aucun moment les députés ont été saisis en amont. Même pas pour une simple information. Si non, à quoi servent les articles 213 et 214 de la constitution ? Quelle impudeur politique !

Dormez, chers élus du peuple !

Prendre 21 mille balles le mois, pour dormir et, dans le cas échéant lever sa main. Il n’y a pas meilleure retraite en politique. C’est carrément la vie en mieux !

Et, toute honte bue, plusieurs élus, y compris ceux des zones régulièrement sinistrées, s’empressent au quotidien à faire part de leur satisfaction de la torpeur criminelle choisie par le Parlement face à d’innombrables décisions impopulaires du gouvernement congolais. Ceux qui ont reçu mandat du peuple sont devenus moins curieux et moins avertis que le peuple lui-même qui, ne sachant plus trouver reponses à ses préoccupations, s’arc-boute sur des journalistes encore libres et des éclaireurs d’opinion. Comme par hasard, c’est à ces congolais délibérément vautrés dans l’ignorance des defis de l’heure à qui l’ont tient à faire ingurgiter la pillule du changement de la constitution. 

De toute façon, les loups qui mangent ensemble ne s’entre-mangent jamais. Encore moins quand il s’agit d’une proie qu’ils ont chassé ensemble. La solidarité mécanique ne le permet pas. Décidément, la joint-venture politique congolaise s’est résolue à engager le pays sur un marché périlleux, sans consulter le peuple souverain, en connivence avec ses élus. Pour ce faire, il faut un réceptacle de légitimation à la place d’un Parlement.

A propos de l'auteur

Par: Gaéthan Kombi

Journaliste - éditorialiste
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