RDC – Loi sur le référendum : les députés de l’opposition se lavent les mains

Mieux vaut partir qu’ingurgiter une pilule amère. Voilà le geste fort auquel se sont livrés les députés de l’opposition lors de l’examen et à l’adoption du rapport de la Commission PAJ sur la proposition de loi relative au référendum. Une attitude qui paraît « politiquement » irresponsable, à priori, mais qui dénote en vrai des marges de manœuvre largement étriquées à la portée de l’opposition institutionnelle.
L’assemblée nationale, un terrain miné
Depuis le fameux déboulonnage orchestré par le président Félix Tshisekedi contre le clan de son prédécesseur et désormais opposant Joseph Kabila, le parlement congolais ressemble à une caisse de résonance du pouvoir en place. Cette reconfuguration brutale, a consacré une sorte de pensée unique dans les deux chambres, où l’opposition qui y garde encore quelques députés est devenue complètement inaudible, voire inexistante dans le fait.
L’adoption de la loi sur le référendum, qui était considérée comme la goutte d’eau de trop, n’aurait suscité des reactions plus fortes que l’abandon pure et simple de Christian Muando et acolytes. Comme dirait l’autre, « impossible de battre le casinotier sur son propre jeu ».
Cet abandon de poste des opposants est en vrai un acte de dépit, mieux de résignation face au pouvoir écrasant de l’Union sacrée au sein de l’hémicycle. Ce terrain est extrêmement miné pour l’opposition, qui n’a désormais d’autres choix que le combat de rue. C’est désormais clair : aucune opposition institutionnelle n’est possible.
La mort de l’opposition institutionnelle
Les institutions sont verrouillées de partout, la rue non. Le prochain challenge des opposants, qui ont coalisé autour de l’article 64, sera de drainer les foules dans les rues de Kinshasa, entre autres. Une stratégie dans laquelle ils se sont jusque-là montrés plutôt peu convaincants.
Le défi majeur de l’opposition sera donc de persuader un peuple apathique et affamé que son assiette ne saurait être remplie que par le départ de Felix Tshisekedi en 2028. Ce qui n’est pas du tout évident !
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