Edito : Goma ce n’est plus la musique, Goma c’est devenu un cirque

C’est assurément la seule punchline qui a échappé à Jenny Paria dans « Lisolo Ya Dego Remix ». Mais, comment un rapeur aussi inspiré a-t-il oublié de relever ce cancer qui érode de manière assez spectaculaire la musique de Goma qui pourtant, jadis, ne promouvait que des artistes, sans laisser de la place à des clowns ?
Des scènes en scènes, les polémiques enflent à Goma autour de la qualité des artistes qui y défilent. Le comble est que ces spectacles nauséabonds polluent les reseaux sociaux, au point que la ville qui a biberonné des anges comme Voldie Mapenzi et Dety Darba, ou encore des pepites comme Wanny S-King et T-Saint Arrow est devenue la risée du monde. Non, Goma ne mérite pas un tel affront !
La musique blanchit, paraît-il !
Le comble dans ce travestissement du secteur de la musique de Goma, est qu’il est desormais envahi par d’anciens TikTokeurs, influensueurs, créateurs de contenu dont les passés dans ces domaines demeurent faméliques. La musique devient donc un souk qui sert de refuge professionnel à tous les ratés. Certains pour guérir leurs problèmes de coeur, d’autres pour se défouler de leurs innombrables échecs de vie et certains autres pour se donner une raison d’exister.

Or, la particularité de la musique réside précisément dans ses exigences. Impossible d’y entrer sans y avoir de la prédestination ou en détenir les codes. Savoir remuer ses postérieurs, mettre des gros pantalons ou se mettre à la mode, ne suffit pas. Il en faut bien plus !
C’est malheureusement la marque de fabrique des nouvelles stars de la musique urbaine Gomatracienne, dont les prestations scéniques font plus rire que les spectacles d’humour. Pas de cohésion sur scène, voix âpres et parfois inaudibles, oublies des notes et des textes… le tout dans un entremélange bordélique. Conséquence : Trop de danses et donc peu de chants. Le concert se transforme en une scène de capoeira.
Sauf que, du fait de leurs audiences sur les reseaux et de la curiosité que la médiocrité attire, ces « musiciens TikTokeurs » deviennent les plus sollicités pour des événements culturels. Les vrais artistes eux ne cessent de perdre les marchés, simplement parce qu’ils ne choquent pas, donc ils n’attirent pas. Du coup, la bonne musique reste derrière le rideau, quand les contrefacteurs investissent la grande scène. Ainsi va la nouvelle musique de Goma.
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