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Jenny Paria au Festiras : « J’accepte de prester sans lumière parce que je viens d’une ville qui n’en a plus »

Jenny Paria au Festiras : « J’accepte de prester sans lumière parce que je viens d’une ville qui n’en a plus »

Il y a eu la pénombre qui enveloppait la scène de la quatrième édition du Festiras à Kinshasa mais Jenny Paria, un artiste venu de Goma, a honoré son engagement. Le 21 décembre, Journée internationale de la paix, il a profité de sa prestation pour rappeler ses origines et délivrer un message aux dizaines de festivaliers présents.

Déterminé à offrir un spectacle mémorable, il s’est heurté à une organisation déficiente. Sans éclairage de scène, Jenny Paria n’a pas renoncé. Il a interprété deux de ses morceaux : « J’ai des projets », extrait de son EP « Jibu », et « Apocalypse », l’un de ses singles les plus populaires. Soutenu par quelques festivaliers de Goma, le rappeur a maintenu une énergie scénique et une capacité d’interprétation irréprochables, captivant même le public de Kinshasa avec ses punchlines.

Il a tiré parti de la situation pour évoquer la réalité de sa ville, qui vit un climat sécuritaire et économique difficile depuis plus de huit mois. « J’accepte de chanter sans lumière, car je viens d’une ville qui n’en a plus », a-t-il relativisé avant de lancer ses deux chansons.

Cette édition du Festiras a été marquée par l’absence de têtes d’affiche, comme Médine, qui n’est pas venu, et Alesh, qui s’est désisté. Jenny Paria a choisi de ne pas se joindre à ce mouvement. « C’est plus un devoir artistique… pour la culture, je n’ai pas fait 2 000 km pour abandonner », a-t-il déclaré, ajoutant que cette performance était dédiée à « tous nos frères de Goma, de Bukavu, du Congo entier ».

Dans une interview exclusive nous accordée après le concert, il a expliqué s’être adapté au « noir du podium », car ce contexte faisait écho à la situation de Goma. Concernant l’organisation et les conditions offertes aux artistes, il a préféré « s’abstenir de se prononcer » pour « respecter son contrat ».

Le rappeur a invité à voir la situation sous un autre angle. « Ce que je préfère, c’est que l’on retienne l’envie des organisateurs de rassembler tous ces artistes. C’est vrai, il y a eu beaucoup de problèmes. On pourra en parler un jour, mais aujourd’hui, on ne voulait pas se plaindre, sinon le message n’aurait pas pu passer ».

La prestation de Jenny Paria au Festiras symbolise l’abnégation et le désir de faire évoluer le récit culturel et artistique de Goma sur la scène nationale. C’est un combat qu’il mène aux côtés de plusieurs organisations, comme Music Beyond et Nyiragongo Ngoma Production, qu’il n’a pas manqué d’encourager : « Il faut qu’ils continuent à faire ces actions », a-t-il conclu.

A propos de l'auteur

Par: David KASI

David KASI est consultant en Communication et Journaliste indépendant, spécialisé en culture, arts, sport et société. Il travaille aussi dans la presse écrite et collabore avec des médias internationaux en tant que free-lance. Également, il est photo-journaliste.
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