Technologie : comment les données numériques peuvent sauver les entreprises en RDC ?

Pour combler le fossé entre les théories académiques et les impératifs du marché professionnel, Kwetu Best, Bridge Sats et le Centre de l’Innovation de l’Unigom ont organisé une conférence sur « De la donnée à l’impact : concevoir des solutions numériques innovantes, des plateformes web aux systèmes Bitcoin ». L’initiative a réuni les étudiants et les jeunes professionnels pour discuter sur la maîtrise de la donnée, qui n’est plus un simple atout technique, mais une nécessité stratégique.

Le Tech talk a eu 3 panels. Les participants et les organisateurs ont exploré comment, de la conception des plateformes web modernes aux systèmes financiers décentralisés comme le bitcoin, l’exploitation intelligente des données crée de la valeur, de la confiance et une innovation durable. Une donnée en informatique, c’est la matière première du monde numérique. Les logiciels sont les outils qui façonnent cette matière pour résoudre des problèmes concrets et faciliter le quotidien de la population.
Le premier panel, animé par Aksanti Kabuzi, Expert en solutions informatiques, gestion de la donnée et intelligence artificielle et analyste des données chez Google et Technical Specialist chez Cognizant, a mis en lumière le rôle crucial de la donnée dans les applications web. Durant les échanges, les participants, venus des organisations variées de la ville de Goma et de l’extérieur, ont été plongés au cœur des processus de collecte, de traitement et d’analyse à grande échelle, tout en insistant sur les enjeux éthiques, de sécurité et de gouvernance. « En sachant qu’est-ce que la donnée, comment l’utiliser, l’analyser, il est possible de savoir ce qui manque ici chez nous localement. », a déclaré Aksanti à la fin de l’exposé.
Mashop, comme exemple de réussite
Le deuxième panel s’est concentré sur la manière dont les logiciels transforment des problématiques concrètes en solutions opérationnelles. Grâce à l’expertise de Abednego Wamuhindo, Phd.Student, MSc.Ir et Directeur Technique chez Kwetu Best, l’intelligence artificielle a été mise en avant. Les discussions houleuses ont montré que l’optimisation des processus pour les PME passe désormais par des outils automatisés et personnalisés. Il a donné l’exemple de Mashop, un logiciel développé par Kwetu Best qui aide à, même à distance, le fonctionnement global de boutiques et entreprises avec sûreté et traçabilité.
La session sur le Bitcoin est venue clore la conférence en permettant de démystifier les principes de décentralisation et de sécurité. L’intervenant Gloire Wanzavalere, Product lead – partneships Fonds HODARI et fondateur de BridgeSats, a illustré comment la blockchain garantit la transparence et la traçabilité dans le but de permettre d’ouvrir la voie à de nouvelles opportunités en matière d’inclusion financière. Contrairement aux systèmes financiers traditionnels qui reposent sur une banque centrale, le Bitcoin repose sur une technologie de registre distribué ou la donnée est souveraine.

La conférence est tombée au bon moment pour les étudiants en informatique, ingénierie et business. Les matières de discussion lors de la conférence pourraient leur permettre de concevoir des projets orientés vers l’impact. « Amener la question de la donnée dans une salle pleine d’étudiants et d’acteurs numérique, c’est parce qu’on ne parle pas du numérique sans parler de la data », a tenu à souligner Aristide Wiwo, Manager de Kwetu Best, qui est une entreprise œuvrant dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Elle fournit des solutions numériques adaptées aux besoins de la société. « Nous pensons que chaque participant à cette activité devient un ambassadeur et peut maintenant sensibiliser sur l’importance de la donnée dans la conception des solutions numériques ».
Les organisateurs, en rapprochant le monde universitaire à des réalités du terrain, ont posé les jalons d’une compréhension technique, éthique et stratégique des technologies numériques modernes. « Ces échanges m’ont permis de commencer à réfléchir coté problème pour la population avant de passer aux solutions. La première serait de chercher les données, d’arriver aux problèmes de la société avant de proposer les solutions technologiques », a témoigné Akilimali Batera, participant et étudiant en Informatique à l’Unigom.
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