Fally Ipupa : « XX », le sacre d’un empereur de la rumba au sommet de son art

L’icône de la rumba congolaise, Fally Ipupa, continue à confier à l’occasion de la sortie imminente de son nouvel opus intitulé « XX ». À l’aube de ses deux décennies de règne sur la scène internationale, l’artiste ne se contente pas de célébrer le passé ; il redéfinit les contours du futur de la musique africaine et plus particulièrement congolaise.

L’Aigle congolais est plus que jamais sollicité sur les médias pour parler de son nouvel album, qui sort en premier volet ce 17 avril, et ses deux grands concerts au Stade de France. Chez nos confrères de RFI, dans l’émission « Afro-Club », Fally Ipupa n’a pas, encore une fois, mâché ses mots et s’est attelé sur sa longévité, devenue exemplaire pour la nouvelle génération d’artistes musiciens du continent noir.
Le titre de l’album, « XX », n’est pas seulement une référence aux vingt années écoulées depuis ses premiers pas en solo. Pour « l’Aigle », ce chiffre symbolise une quête perpétuelle de perfection. Fally Ipupa décrit ce projet comme une synthèse parfaite de son parcours : une rumba authentique, respectueuse des pères fondateurs, mais résolument tournée vers la modernité urbaine. « C’est l’ADN de ma musique offert en héritage », explique-t-il, soulignant son désir de rester ce trait d’union entre l’âge d’or de Kinshasa et les tendances mondiales actuelles. « C’est un album où je me suis fait plaisir, j’ai voulu redonner à mes fans ce qu’ils aiment chez Fally : la rumba pure, mais aussi cette ouverture sur le monde. C’est l’aboutissement de deux décennies de travail acharné ».
Si ça sera la huitième fois que Fally sort un album, de « Droit chemin » à « Formule 7 » en passant par « Arsenal de belles mélodies », « Power Kosa leka », « Tokoos », « Control » et « Tokoss II », ça sera sa première fois, et de surcroît pour artiste de l’Afrique francophone de faire un concert au Stade de France. Pour l’artiste, ce n’est pas qu’une simple performance technique ou commerciale. C’est un acte politique et culturel. « C’est un défi immense », a-t-il reconnu. En s’attaquant par deux fois à l’enceinte la plus prestigieuse de l’Hexagone, Fally Ipupa veut prouver que la culture congolaise est une puissance mondiale capable de fédérer les foules au-delà des frontières linguistiques. « Nous allons écrire l’histoire », martèle-t-il avec l’assurance de ceux qui ont déjà conquis les plus grandes salles du globe. « C’est le couronnement de beaucoup de travail », a-t-il poursuivi, à l’aise au micro de DJ Face Maker.

La discipline comme moteur, l’Afrique comme drapeau
Au fil de l’entretien, l’homme derrière la star se livre sur les clés de sa longévité. Loin des clichés de la vie de château, il évoque une discipline de fer et une remise en question permanente. Fally Ipupa, qui voit Lokua Kanza comme l’artiste qui l’inspire le plus et qui sera dans l’album, est comme un ambassadeur, utilisant ses mélodies comme une arme de « diplomatie culturelle » pour redorer l’image de la RDC qui, depuis plus de 30 ans souffre des affres de guerre dans l’Est du pays, et du continent africain dans son ensemble.
L’album « XX » s’apprête à envahir les plateformes de streaming ce 17 avril. Ça sera le premier volet de ce double album. Le delirium de l’opus sortira quant à lui en juin, concordant jour pour jour à la sorite de premier album en 2006. Entre nostalgie maîtrisée et ambitions démesurées, Fally Ipupa confirme qu’il reste le maître incontesté du jeu de l’industrie musicale congolaise.
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