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Édito : de l’école à la maternité, la route sera moins longue, assurément

Édito : de l’école à la maternité, la route sera moins longue, assurément

Des jeunes filles aux ventres bien bombés, on en verra désormais, de plus en plus dans les écoles, secondaires, et peut-être même primaires en République Démocratique du Congo. Telle est la conclusion à tirer de la décision de Raïssa Malu, la Ministre de l’éducation nationale, à la lumière de la ligne tracée par les instruments juridiques aussi bien internationaux que nationaux.

Désormais, les jeunes filles enceintes ne seront plus expulsées des écoles, même pas temporairement, le temps d’en finir avec le cycle ô combien éprouvant de la grossesse. La décision est prise, à moins qu’elle le souhaitent elles-mêmes, les élèves ou écolières enceintes partageront les mêmes salles de classe avec leurs jeunes collègues qui, pour la plupart, puisqu’encore moins éclairé, croiront qu’il s’agit bien des ballons en dissimulés sous les chemises.

La RDC cautionne encore, la société blessée davantage

Quel est le message enfui sous cette mesure impopulaire, si ce n’est que de cautionner les grossesses précoces délibérément ou accidentellement encaissées du fait de la délinquance juvénile. Plus encore, à travers cette décision brutalement prononcée, la RDC ne cautionne-t-elle pas , ou du moins ne comprend-t-elle pas le viol contre les mineures ?

En effet, l’accès à l’éducation est un droit fondamental, auquel nul ne peut être exclu, sous quelque prétexte que ce soit. Cependant, pour le cas de la RDC, il doit bien exister des services sociaux commis à l’encadrement socio-éducatif des jeunes filles enceintes, plutôt que de condamner celles-ci à des scènes de vindictes populaires dans leurs salles de classe et écoles.

Oui, moralement, la société congolaise ne conçoit pas encore qu’une mineure peut porter un enfant, à part peut-être dans le cadre malheureux d’un viol. Outre cela, toutes les grossesses avant le mariage sont des anomalies, surtout quand elle sont la résultante de la délinquance juvénile. Le simple fait, pour la Ministre de l’éducation nationale de comprendre que cela est possible, c’est une manière pour elle de le normaliser. Le sens de son message c’est : C’est normal qu’une fille de 13 ans régulièrement inscrite à l’école tombe enceinte.

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Par: Gaéthan Kombi

Journaliste - éditorialiste
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