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RDC – Ouganda (0-2) : quand les individualités disparates plombent le collectif (Debrief)

RDC – Ouganda (0-2) : quand les individualités disparates plombent le collectif (Debrief)

Bertaud catastrophique, Kambwala lent, Banzuzi timoré, Mavididi imprécis dans le dernier geste, le duo Essende – Pululu incompatible : les nouveaux Léopards ont été collectivement mauvais face à l’Ouganda, vendredi en amical. Un visage plutôt globalement fade pour ceux en qui les espoirs du renouvellement de l’effectif sont placés.

Bertaud, responsable direct

Sa tête n’y était vraiment pas, son esprit y compris. Malgré son expérience, Dimitri Bertaud a traîné une performance d’un jeune gardien qui passe ses licences en pro. D’une grossièreté impardonnable aux relances, le portier de Forge aurait pu coûter directement deux buts aux Léopards.

Au-delà d’une performance individuelle catastrophique, Dimitri Bertaud a également semblé perdre son charisme habituel, plongeant ses défenseurs dans un inconfort terrible. Zéro communication, du véritable bric et de broc dans l’animation défensive congolaise.

Kambwala, lent

On pourra peut-être le lui pardonner vu son énorme manque de temps de jeu en club. Le nouveau défenseur de Cômo en Italie, qui n’y a pas encore vraiment joué après une saison quasi-blanche pour raison de blessure à Villaréal, a fait preuve d’une lenteur criminelle dans ses interventions défensives.

À force de vouloir être permanemment dans le jaillissement et l’anticipation, Willy Kambwala s’est souvent troué face aux attaquants Ougandais. Ses courses se sont ensuite avérées lentes et poussives, l’obligeant à commettre des fautes défensives pouvant faire l’objet de grosses sanctions. On aurait dit un joueur qui défendait avec une culotte de 5 kilos de poids.

Banzuzi, pas assez disponible

L’impression était que le « Pogba congolais » n’était pas sur le terrain, autant sa disponibilité était vraiment segmentée. On voyait Banzuzi par moment et puis ses traces disparaissaient totalement du terrain. Tout le contraire de son compère Aaron Tshibola, très en vue.

Et pourtant, sur les quelques rares ballons que le joueur de Leipzig a disputés, il se passait quelque chose. Soit un contrôle, une récupération ou alors une transversale qui transpirait le très très haut niveau. Le mal est qu’il est difficile de justifier cette absence d’impact de Banzuzi par une méforme personnelle ou par l’animation du jeu.

Mavididi, bien mais…

Des dribbles, il sait les faire. Prendre la profondeurs et centrer, aussi. Même dans une défense ougandaise très disciplinée, Stephy Mavididi parvenait à se libérer facilement des prises à deux, voire des prises à trois, évidemment grâce à son agilité technique.

Malheureusement, là où la petite étincelle a manqué, c’est au niveau de la « finition des occasions ». Il y avait comme une impression que le dernier geste manquait de précision à Mavididi. Parfois des centres envoyés dans des zones dépeuplées, des passes en retrait imprécises, sans compter le nombre de frappes sur les joueurs ougandais. L’attaquant de Watford a trop créé ce qu’il ne parvenait pas à finir. Ça devrait arriver avec le temps.

Essende – Pululu, deux incompatibles

À la base, il semblait clairement que personne entre les deux ne savait son rôle devant. En principe, quand deux numéros 9 sont combinés, l’un est en pivot, l’autre à la retombée du ballon. Et pourtant, souvent les deux étaient en pivot, laissant totalement déserte la zone de vérité. Et même les rares fois qu’une combinaison prenait forme entre les deux, l’imprécision du geste s’imposait.

Samuel Essende, qui adore décrocher pour gagner des duels aériens (de par son physique) et Afimico Pululu dont le profil n’est pas celui d’un finisseur fixe, se sont marchés dessus tout au long de la première période. Pas de cohérence, pas de complémentarité, non plus de compatibilité. Ce que Sébastien Desabre a compris dès la première mi-temps.

Qu’en retient-on globalement ?

À part Dimitri Bertaud, aucun joueur n’a été individuellement « mauvais« . Il y en a d’ailleurs qui ont été bons, voire très bons, à l’instar de Jordy Makengo et le jeune Jorthy Mokio à son entrée. Le souci s’est plutôt situé au niveau des automatismes. Il est clair que cette formation totalement Newlook en souffrait beaucoup. On pouvait le sentir dans les déplacements, les appels, le tempo des passes, les une-deux…

L’autre secteur sur lequel ces Léopards se sont montrés plutôt fébriles face à l’Ouganda, c’est à la récupération des ballons au milieu. On les sentait systématiquement en crise de temps face aux Ougandais, notamment sur les deuxièmes ballons. Ils ont été catastrophiques dans tous les duels du deuxième ballon. Catastrophique à un point où ils ne parvenaient pas à en gagner un seul. D’où l’enjeu spécial du remake de lundi. Hâte d’y être !

A propos de l'auteur

Par: Gaéthan Kombi

Journaliste - éditorialiste
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