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Jenny Paria : « Jibu , ce n’est pas un simple concert, c’est un spectacle »

Jenny Paria : « Jibu , ce n’est pas un simple concert, c’est un spectacle »

À l’approche de sa prestation très attendue du 1ᵉʳ août au Foyer Culturel de Goma, l’artiste et rappeur Jenny Paria s’est livré lors d’une séance de répétitions. Plus d’un an après la sortie de son projet « Jibu », il revient sur les raisons qui l’ont poussé à monter sur scène, la vision artistique de ce rendez-vous et la place du rap dans un paysage musical de Goma dominé par l’afrobeat.

Sorti en juillet 2025, « Jibu » (« Réponse » en swahili) est le premier Extended Play (EP) majeur du rappeur et slameur gomatracien Jenny Paria, finaliste du Prix Découvertes RFI 2025. Loin d’un projet calibré pour la simple ambiance ou les tendances éphémères du marché, « Jibu » est conçu comme une quête philosophique et une introspection collective. L’artiste y aborde des thématiques fortes : la quête d’identité africaine, le spirtualisme, le panafricanisme, la santé mentale et le refus de sacrifier son intégrité artistique.

Dans cet EP de 8 titres, Jenny Paria n’est pas venu imposer des certitudes, mais poser à voix haute des questions souvent étouffées. Le titre « Jibu » est une invitation à retourner aux racines et aux valeurs fondamentales pour y trouver les réponses aux maux actuels.

Plus d’une année après, l’artiste va enfin présenter ces morceaux au public. Alors que l’afrobeat et les sonorités très dansantes dominent l’industrie urbaine de Goma, Jenny Paria assume un rap d’auteur et un slam engagé, privilégiant la profondeur du texte. C’est précisément l’univers dense de cet EP qui a poussé l’artiste à proposer le projet sous forme d’un spectacle suivi et scénarisé.

TA : Cela fait plus d’une année que vous avez sorti le projet « Jibu ». Pourquoi avoir décidé de le présenter au public maintenant ?

Jenny Paria : Je pense que ce public le mérite après tant de choses. Avec une vie remplie de défis, les gens ont besoin de quelque chose comme « Jibu ». C’est une quête de réponses. J’ai envie qu’on partage ce moment. C’est quelque chose que j’ai déjà vécu dans ma tête, et j’ai envie qu’ensemble, nous le vivions sur scène.

TA : Vous précisez que « Jibu » n’est pas un concert, mais un spectacle. Pourquoi avoir choisi ce format ?

Jenny Paria : Le format concert est un peu trop libre. « Jibu », c’est un tout. J’avais envie d’apporter quelque chose de très bien construit, d’y mettre plus de sérieux dans la direction artistique et dans la performance. C’est pour cela que je veux l’offrir sous la forme d’un véritable spectacle.

TA : À quoi le public doit-il s’attendre pour ce rendez-vous ?

Jenny Paria : Qu’ils fassent attention à leurs cœurs, parce qu’ils vont beaucoup kiffer ! Venez comme vous êtes. Je sais que les cœurs sont très sensibles à la bonne musique, et c’est ce que nous allons leur donner.

TA : Pour ce spectacle, seuls deux invités ont été annoncés : Madame Moury et Bazir Say. Pourquoi seulement eux ?

Jenny Paria : Si c’était un concert classique, j’aurais invité beaucoup d’amis artistes que j’aime et que j’admire. Mais comme il s’agit d’un spectacle suivi, il fallait des personnes qui collent avec mon univers musical. Bazir Say et moi avons déjà un morceau ensemble, et avec Moury, nous partageons beaucoup sur le plan de la musicalité.

TA : Vous répétez depuis trois semaines au Foyer Culturel de Goma. Comment évoluent les préparatifs ?

Jenny Paria : Ça se passe très bien. Nous venons plusieurs jours par semaine pour répéter. J’espère être à la hauteur de tout l’amour que le public me témoigne depuis l’annonce du projet. J’ai vraiment hâte que nous vivions ce moment ensemble.

TA : Récemment, d’autres artistes urbains de Goma ont réuni le public avec de l’afrobeat. En tant que rappeur, comment vivez-vous cette période où la tendance est plutôt aux musiques dansantes ?

Jenny Paria : Pour moi, la musique est un moyen d’expression et chaque genre a sa place. Il y a des moments où l’on a envie de danser, d’autres où l’on préfère une musique douce, du rap, du slam ou quelque chose de plus intime. Ce que je propose répond au besoin de certaines personnes dans leur vie quotidienne. Je fais confiance à ce public : on va « rapper vrai », et le rap a toute sa place.

TA : Pour terminer, pouvez-vous donner trois bonnes raisons de venir assister au spectacle du 1ᵉʳ août ?

Jenny Paria : L’artiste [Jenny Paria] sera là, Bazir sera là, et Mouri sera là. C’est amplement suffisant !

TA : Un dernier mot pour le public de Goma ?

Jenny Paria : Goma, on va vivre ! Grâce à la culture, nous allons encore recevoir et donner beaucoup d’amour. Nous sommes là, des survivants.

A propos de l'auteur

Par: David KASI

David KASI est consultant en Communication et Journaliste indépendant, spécialisé en culture, arts, sport et société. Il travaille aussi dans la presse écrite et collabore avec des médias internationaux en tant que free-lance. Également, il est photo-journaliste.
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