Grande interview: Joe Like lève le voile sur sa métamorphose et ses ambitions chez Lurhex Production

Une année 2025 en demi-teinte passée, marquée par des turbulences contractuelles, l’artiste Joe Like, l’une des figures de proue de la scène musicale du Kivu actuellement, s’est confié à Totalement Actus. Entre résilience, maturité artistique et l’annonce d’un nouvel EP intitulé « Laiyah», le chanteur affiche une détermination nouvelle sous l’aile de son nouveau label Lurhex Production.

C’est un Joe Like serein, mais visiblement marqué par ses expériences récentes, qui s’est prêté au jeu de la « Grande Interview ». L’artiste, que beaucoup considèrent comme une fierté nationale pour la RDC en 2025, en témoigne son sacre comme l’artiste de l’année au Kivu Elombe Music Award, ne cache pas que le chemin vers sa liberté artistique actuelle a été semé d’embûches.
2025 : L’année de la rupture et de l’apprentissage
Qualifiant 2025 d’année « inoubliable », Joe Like est revenu sur sa séparation houleuse avec son ancien label Top Five. L’artiste évoque des moments sombres, des menaces et des nuits blanches où il craignait pour la suite de sa carrière. « J’ai appris qu’on ne peut pas accorder sa confiance à n’importe qui », confie-t-il avec recul, soulignant que ces épreuves ont forgé l’homme qu’il est aujourd’hui.
Loin de se laisser abattre, il voit dans cette période une transition nécessaire vers une maturité qu’il estime avoir multipliée par dix. « À l’époque, j’étais peut-être à 15 % de mon potentiel. Aujourd’hui, avec la vision de Lurhex et le soutien de M. Rodrigue, nous visons l’excellence », explique-t-il, mettant en avant l’amélioration flagrante de la qualité de ses productions et de ses visuels.
L’actualité brûlante de l’artiste, c’est l’arrivée imminente de son EP baptisé « Laiyah », son premier grand projet de carrière. Un titre qui n’est pas le fruit du hasard, puisqu’il rend hommage à une femme qui a joué un rôle crucial au début de sa carrière. Paraphrasant l’artiste, il ne s’agit pas d’un simple projet musical, mais d’un acte de reconnaissance : même si les chemins se sont séparés, Joe Like tient à honorer ceux qui ont cru en lui quand les lumières n’étaient pas encore braquées sur lui. Ce n’est pas pour lui qu’il a nommé sa fille à ce nom.
Ce projet s’annonce d’ailleurs riche en collaborations internationales. Le chanteur a confirmé des titres avec des noms tels que Gaz Mawete, le tanzanien Chino, ou encore Hiro Le Coq, avec qui ils ont déjà travaillé ensemble sur le morceau « Njo vile remix » en compagnie de Innos’B. Une stratégie claire d’exportation de son art au-delà des frontières congolaises.
De retour dans sa ville bientôt
Interrogé sur le report de son concert à Paris initialement prévu en mars, Joe Like a tenu à rassurer ses fans avec professionnalisme. Désormais sous contrat, il explique que les décisions stratégiques appartiennent à son nouveau label. « Nous nous concentrons d’abord sur la sortie de l’EP pour arriver en Europe avec un contenu solide », précise-t-il. Le rendez-vous parisien n’est pas annulé, mais recalibré pour garantir un événement à la hauteur des attentes. Quant à son retour à Goma, sa terre natale, il l’envisage avec émotion mais sans précipitation. Pour lui, revenir à la maison doit se faire par la grande porte, avec un spectacle d’envergure internationale. Sur ses réseaux sociaux, le chanteur a laissé à ses mélomanes de décider d’une date pour un grand concert dans la ville touristique. L’engouement était palpable et montre le niveau d’attente qu’a le public pour son retour, lui qui n’a pas foulé ses pieds sur le sol gomatracien depuis plusieurs mois.

L’art de la sensualité assumée
Face aux critiques sur la sensualité de ses derniers clips comme « Nishakulewa » ou « Tikala », l’artiste reste de marbre. Il revendique son identité et son univers esthétique. « Les critiques ne m’affectent pas, elles me poussent à travailler davantage. Nous sommes dans le show-business, il faut savoir créer l’enthousiasme », affirme-t-il. Pour Joe Like, la musique est un partage d’émotions, et il refuse de brider sa créativité pour complaire aux plus conservateurs.
Joe Like semble avoir trouvé chez Lurhex Production le partenaire qu’il cherchait : celui qui accompagne sa vision plutôt que de la contraindre. Avec l’EP « Laiyah » en ligne de mire, l’année 2026 pourrait bien être celle de la consécration définitive pour celui qui chante, selon ses propres mots, « à 80 % pour les femmes ».
L’interview vidéo est disponible en intégralité sur notre chaîne YouTube.
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